Description
Au centre d’une pièce dévastée par le temps, un fauteuil crapaud en velours doré semble monter la garde. Baigné par un faisceau de lumière crue qui tombe du plafond, il s’extirpe avec une dignité démodée de l’obscurité qui l’entoure.
Derrière lui, les murs sont des paysages de décrépitude : le plâtre s’écaille, les moisissures dessinent des spectres et la peinture s’efface comme un souvenir lointain. Le contraste est saisissant entre la texture capitonnée, presque royale, du siège et la rudesse industrielle du sol brut et de la bibliothèque sombre qui se devine dans l'ombre.
L'image, encadrée par un effet de pellicule usée, donne l’impression d’un cliché retrouvé dans les décombres d'un asile ou d'un manoir abandonné. On s'attendrait presque à voir une silhouette s’y matérialiser, car dans ce silence visuel, l'absence de l'occupant est plus bruyante que n'importe quel cri.